Vingt-cinq des nôtres sont morts avant d'être entendus

Sur les 633 membres du collectif, vingt-cinq sont décédés depuis le licenciement de juillet 2020 sans avoir obtenu réparation. Ils avaient donné jusqu'à vingt ans de leur vie au froid. Nous ne les laisserons pas hors de l'accord.

Le Collectif des 633

Ils étaient des nôtres. Ils ont attendu avec nous, audience après audience, année après année. Ils ne sont plus là pour entendre le verdict.

Selon le coordonnateur du collectif, 25 des 633 sont morts depuis le licenciement de juillet 2020, sans avoir obtenu réparation.

Ce qu’ils avaient donné

Ils avaient travaillé, pour certains depuis 1999, dans les chambres frigorifiques du Môle 10. Vingt ans sous −20 °C, sans gants thermorésistants ni combinaisons isolées. Vingt ans à respirer les vapeurs d’ammoniaque. Sept jours sur sept, dimanches et jours fériés compris, y compris le 1er Mai.

Aucun bilan médical ne leur a jamais été proposé.

Ce qu’ils n’ont jamais eu

Ils n’étaient affiliés ni à l’IPRES, ni à l’IPM, ni à la Caisse de Sécurité Sociale. Le protocole de juillet 2020 le reconnaît lui-même, en leur demandant d’y renoncer.

Cela veut dire une chose simple, et terrible : ils ont vieilli sans retraite constituée. Ils sont tombés malades sans mutuelle. Et quand la fin est venue, leurs familles n’ont eu droit à aucun capital décès.

Ils avaient pourtant payé. Chaque mois, pendant vingt ans, leurs bulletins portaient les retenues d’impôt sur le revenu et de TRIMF. L’argent partait. La protection, elle, n’est jamais venue.

Ce que le temps leur a pris

Six années de procédure. Trois ans en première instance, trois ans en appel. Toujours pas de décision définitive.

Dans ce dossier, le temps n’a jamais été un arbitre neutre. Chaque report d’audience a été, pour l’un d’entre eux, une chance de moins.

Des hommes ont vieilli dans les salles d’attente. Vingt-cinq n’en sont pas ressortis.

Ce que nous leur devons

Nous ne publions pas leurs noms. Ce site protège l’identité des travailleurs, et leurs familles n’ont pas à voir leur deuil affiché. Mais le collectif, lui, sait exactement qui ils sont. Chacun d’eux est inscrit dans nos listes. Aucun n’a été retiré.

C’est là tout le sens de notre position, que l’on prend parfois pour un slogan :

Tous ou personne.

Ce n’est pas une posture de négociation. C’est un engagement pris envers vingt-cinq familles.

Les ayants droit de nos camarades décédés sont intégrés à tout arrangement futur. Aucun accord ne sera signé qui les laisserait de côté. Aucun désistement, aucune signature avant paiement effectif intégral — pour les 633, morts compris.

Ce que nous demandons pour eux

La reprise immédiate des négociations, sous l’égide de l’Inspection du Travail, pour les 633 travailleurs, ayants droit des membres décédés compris. C’est la première de nos demandes, et elle n’a jamais changé de formulation.

Il ne s’agit plus seulement d’obtenir des droits. Il s’agit d’arriver à temps pour ceux qui restent.


Le chiffre de vingt-cinq décès est celui communiqué par le coordonnateur du collectif à la presse le 20 juillet 2026. Voir notre revue de presse.

À nos vingt-cinq camarades. Le froid ne les a pas eus. L’attente, si.

Mots-clés

  • hommage
  • ayants droit
  • tous ou personne
  • protection sociale

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