Qui sommes-nous
Le collectif des 633
En juillet 2020, Sénégal Pêche S.A. a licencié 800 travailleurs affectés au Môle 10 du Port autonome de Dakar. Nous sommes 633 d'entre eux à nous être constitués en collectif pour saisir la justice et faire valoir, ensemble, des droits que nous estimons avoir été effacés.
Notre travail
Sénégal Pêche S.A. n'est pas une petite affaire artisanale : c'est un acteur industriel certifié ISO 9001, opérant dans le premier secteur exportateur du pays. Ce sont les 633 qui faisaient tourner cette usine.
Nous travaillions en chambre frigorifique sous −20 °C, sans gants thermorésistants ni combinaisons isolées, exposés quotidiennement aux vapeurs d'ammoniaque — un fluide frigorigène classé substance dangereuse. Sept jours sur sept, samedis, dimanches et jours fériés compris, y compris le 1er Mai. Sans suivi médical professionnel.
Nous n'étions affiliés ni à l'IPRES, ni à l'IPM, ni à la Caisse de Sécurité Sociale — un fait reconnu par le protocole lui-même. Pas de retraite, pas de mutuelle, aucune couverture en cas d'accident ou de maladie professionnelle.
Qui est notre employeur
Sénégal Pêche S.A. est implantée au Môle 10 du port de Dakar depuis 1995. Spécialisée dans la pêche industrielle et la transformation des produits halieutiques, elle a exploité une flotte de douze navires battant pavillon sénégalais, dont les captures étaient congelées en mer avant acheminement vers les marchés internationaux.
C'est une filiale de la China National Fisheries Corporation (CNFC), société nationale chinoise de pêche. Sa maison mère est installée à Las Palmas, aux Canaries. C'est ce lien qui fonde notre appel à l'Ambassade de la République populaire de Chine à Dakar.
Après la suspension de ses licences de pêche par les autorités sénégalaises en 2020, l'entreprise a poursuivi ses activités dans les eaux de Guinée-Bissau, les produits étant ensuite transportés jusqu'au port de Dakar pour y être conditionnés avant export.
Selon des informations de presse, le Directeur Général Adjoint détient 41 % du capital. C'est ce même dirigeant dont la signature figure au bas de nos protocoles de licenciement — une situation que le collectif considère comme un conflit d'intérêts structurel dans la fixation de nos indemnités.
Chronologie
Dès 1999
Les premiers recrutements
Des travailleurs sont embauchés au Môle 10 du Port autonome de Dakar. Ils y resteront jusqu'à vingt ans.
1999 – 2020
Vingt ans sous le statut de « journalier permanent »
Bulletins de salaire portant congés payés, primes d'ancienneté, prêts remboursés par retenue et impôts prélevés (IR, TRIMF) — tous les attributs d'un emploi permanent, sous une appellation qui n'existe dans aucun texte de loi.
27 juillet 2020
Le protocole d'accord général
Signé entre les représentants syndicaux, les délégués du personnel et la direction. Il fixe l'ancienneté au 1er juin 2015 et l'abandon des revendications liées à la non-affiliation IPRES / IPM / CSS.
Juillet – août 2020
Les protocoles individuels
Remis aux travailleurs pour signature. De nombreux membres déclarent n'avoir reçu aucune copie, aucune explication détaillée, ni aucun délai de réflexion.
2020 – 2026
Six ans de procédure
422 travailleurs obtiennent gain de cause en première instance, 211 sont déboutés. Les deux procédures sont portées en appel. Plusieurs membres du collectif décèdent avant toute décision définitive.
2024
Un règlement amiable à portée de main
Les représentants chinois de la société contactent le collectif ; une solution globale est envisagée. Elle n'aboutira pas.
Où en sont les procédures
- travailleurs licenciés en juillet 2020
- 633
- ont obtenu gain de cause en première instance
- 422
- ont été déboutés en première instance
- 211
- procédures pendantes en appel
- 2
Six ans que les audiences se succèdent devant les tribunaux de Dakar. Des hommes ont vieilli dans les salles d'attente. Certains ne sont plus là pour entendre le verdict.
Nous joindre
- Contact et presse
- contact@collectif-des-licencies.org
- Localisation
- Dakar, Sénégal